Pour chacune des deux œuvres au programme, deux romans vous sont proposés au choix. Pas de piège, pas de « bon » ou de « mauvais » choix : tous deux sont de vraies pépites, choisies pour vous donner envie de tourner les pages autant que pour nourrir votre réflexion sur les parcours associés. Voici, sans rien vous dévoiler de l’intrigue, de quoi vous aider à choisir celui qui vous attire le plus.
Panorama, Lilia Hassaine

Et si, pour ne plus jamais avoir peur, on acceptait de tout montrer de soi ?
L’HISTOIRE, SANS RIEN DÉVOILER
France, 2049. Après une vague de violence qui a bouleversé le pays, les citoyens ont fait un choix radical : vivre dans des maisons de verre, sous le regard permanent de leurs voisins, pour que plus jamais rien ne puisse se cacher. Plus d’intimité, mais plus de crime non plus. Dans ce monde en apparence parfaitement pacifié, une ancienne policière reprend du service pour enquêter sur la disparition d’une famille entière. Et découvre que même dans une société où tout est visible, certaines choses résistent à la lumière.
Prix Renaudot des lycéens 2023
Pourquoi vous allez adorer
Parce que ça se lit comme un thriller : une enquête, du suspense, une écriture nerveuse qui ne vous lâche pas. Parce que c’est un futur qui ressemble étrangement à notre présent (réseaux sociaux, envie de tout montrer, besoin de sécurité) qui vous fera regarder votre téléphone autrement. Et parce que ce roman a été choisi par des lycéens eux-mêmes comme leur coup de cœur de l’année : la preuve qu’on peut être happé par une dystopie sans être un grand lecteur de science-fiction.
Le lien avec La Boétie et le parcours
La Boétie s’étonnait qu’un peuple puisse aimer sa propre servitude. Panorama met cette idée à l’épreuve du XXIe siècle : personne n’oblige ces citoyens à vivre sous verre – ils l’ont choisi, au nom de leur sécurité. C’est précisément le verbe « entretenir » du parcours qui prend ici tout son sens : il ne s’agit pas de renverser un tyran identifiable, mais de rester vigilant face à des choix collectifs qui, sous couvert de confort et de sécurité, grignotent la liberté sans qu’on s’en aperçoive vraiment. Le roman vous donnera des exemples très actuels (exposition de soi, surveillance mutuelle, besoin de transparence) pour nourrir cette réflexion en la reliant directement à votre propre époque.
1984, George Orwell
Big Brother vous regarde. Mais quelqu’un, quelque part, ose encore penser par lui-même.
L’HISTOIRE, SANS RIEN DÉVOILER
Londres, dans un futur totalitaire. Winston Smith travaille pour le Parti, dont la mission est de réécrire le passé pour qu’il corresponde toujours à la vérité du moment. Télécrans, police de la pensée, novlangue qui réduit peu à peu le nombre de mots pour rendre certaines idées tout simplement impossibles à formuler : rien n’échappe au contrôle de l’État. Un jour, presque sans le décider vraiment, Winston commet un acte à peine imaginable dans ce monde : il commence à écrire ce qu’il pense vraiment.

Pourquoi vous allez adorer
Parce que c’est un roman qui se lit comme on retient son souffle : on a peur avec Winston, on espère avec lui, on tremble pour lui. Et parce qu’aucun autre roman ne montre aussi bien à quel point les mots eux-mêmes peuvent devenir une arme, dans un sens comme dans l’autre.
1984 est une œuvre poignante qui dépeint un futur dystopique où la liberté individuelle est écrasée par un régime totalitaire. L’intrigue est captivante et soulève des questions profondes sur la surveillance, le contrôle de la pensée et la manipulation de l’information. Un livre qui fait réfléchir sur les dangers d’un pouvoir omniprésent et la perte de la liberté.
Le lien avec La Boétie et le parcours
Là où Panorama montre une servitude choisie et presque douce, 1984 illustre l’autre versant du parcours : celui d’une liberté qu’il faut « défendre » activement contre une tyrannie déclarée, qui s’appuie sur la peur, la surveillance et le mensonge organisé. Mais le roman rejoint aussi La Boétie sur un point essentiel : le Parti ne tient que parce que la population, terrorisée ou convaincue, continue elle-même d’obéir et de se surveiller. La servitude volontaire n’est jamais loin, même sous la contrainte la plus dure. Le simple geste de Winston qui se met à écrire est déjà, à lui seul, un acte de résistance : un excellent point de départ pour réfléchir à ce que « défendre sa liberté » peut vouloir dire à l’échelle d’un individu isolé face à un système tout-puissant.
