Séance 3 -L’appel de la chevalerie par Magali VAN KELST

Réflexions communes et corrigé

1. a. Pour quels êtres surnaturels Perceval prend-il successivement les chevaliers ? Relevez deux réponses dans le texte et expliquez ce qui l’a conduit à les prendre pour tels (méthode REP).

  • Il les prend d’abord pour des diables (l. 5, « quand j’ai dit que c’était des diables »), sans doute par peur de ce qu’il ne connaît pas.
  • Puis pour des anges (l. 4 : « Ce sont des anges que je vois là »), à cause de leur apparence : armures éclatantes, couleurs et métaux brillants (« l’or, l’azur et l’argent »).
  • Il va même jusqu’à demander s’il s’agit de Dieu (l. 10) et affirme qu’ils sont « plus beau[x] que Dieu » (l. 14).

Perceval prend d’abord les chevaliers pour des anges, puis pour Dieu lui-même. Il n’a jamais vu de chevalier et ne connaît que ce qu’on lui a enseigné de religion : tout ce qui est beau et lumineux lui paraît donc divin. Il le dit lui-même : « Ce sont des anges que je vois là » (l. 4), puis « vous êtes plus beau que Dieu » (l. 14).

1. b. Relevez quatre mots ou expressions (l. 1-4) qui décrivent l’apparence des chevaliers. Quel champ lexical domine ? Quel effet cette description produit-elle sur Perceval ?

  • Relevés possibles : « hauberts éclatants », « heaumes brillants et étincelants », « reluire au soleil », « l’or, l’azur et l’argent ».
  • Champ lexical dominant : celui de l’éclat et de la lumière (éclatants, brillants, étincelants, reluire, or, argent).
  • Effet : Perceval est ébloui et émerveillé (« si beau et si admirable »). Il admire les chevaliers au point de les croire surnaturels et de vouloir leur ressembler (« Comme j’aimerais être ainsi brillant »).

Je retiens : un champ lexical

Un champ lexical est un ensemble de mots qui se rapportent à un même thème ou à une même idée. Ces mots peuvent être de natures différentes (noms, verbes, adjectifs).Exemple tiré du texte : « éclatants », « brillants », « étincelants », « reluire », « or », « argent » appartiennent tous au champ lexical de la lumière.
À quoi ça sert ? Quand un champ lexical est très présent, il montre ce que l’auteur veut mettre en valeur. Ici, il fait voir les chevaliers comme des êtres éblouissants, ce qui explique l’émerveillement de Perceval.
Comment le repérer ?
1. Je relis le passage et je cherche les mots qui « vont ensemble ».
2. Je trouve le thème qu’ils ont en commun.3. Je relève au moins trois mots pour le prouver.

2. D’après les conseils de sa mère (l. 23-30), qui Perceval devra-t-il servir une fois devenu chevalier ? Pourquoi est-ce si important ? (méthode REP)

  • Il devra servir les dames et les jeunes filles, surtout celles qui ont besoin d’aide (« une dame qui ait besoin d’aide ou une jeune fille désemparée »).
  • C’est essentiel car son honneur en dépend : « Qui n’honore pas les dames a tué son propre honneur ».
  • On peut aussi relever la dernière recommandation : ne rien faire qui déplaise à celle qu’il aimerait, c’est-à-dire respecter la volonté des dames.

3. Vocabulaire

a. Les mots « chevalier » et « cavalier » viennent du latin caballarius, qui dérive de caballus (« cheval »). Quel point commun leur sens a-t-il gardé ? b. Ils ne sont pourtant pas synonymes. Écrivez deux phrases, une avec chaque mot, qui fassent comprendre la différence de sens.

a. Les deux mots sont liés au cheval : celui qui monte à cheval.

b. Différence : le cavalier est simplement une personne qui monte à cheval (sport, armée, loisir) ; le chevalier est un guerrier noble, adoubé, soumis à un code d’honneur et qui sert un seigneur ou les plus faibles.

MotExemple de phrase attendue
cavalierLe cavalier a sellé son cheval et s’est élancé au galop dans la prairie.
chevalierLe roi Arthur a adoubé le jeune homme, qui a prêté serment et est devenu chevalier.

Critère de réussite : le contexte de la phrase doit permettre de deviner le sens (adoubement, serment, honneur, service pour « chevalier » ; simple action de monter à cheval pour « cavalier »).

Bilan. À votre avis, Perceval fait-il bien de devenir chevalier ? Appuyez votre réponse sur au moins deux éléments du texte.

Réponse ouverte, Pistes :

  • Pour le « oui » : l’admiration sincère de Perceval ; son destin familial (père et frères chevaliers) ; l’idéal d’honneur et de service des plus faibles transmis par sa mère ; l’approbation de sa mère (« je vous approuve »).
  • Pour le « non » ou la nuance : la souffrance de sa mère (elle s’évanouit « comme si elle était tombée morte ») ; son ignorance du monde et des dangers ; le fait que son père et ses frères soient morts.

Une réponse nuancée (« oui, mais… ») montrant que l’on a perçu le sacrifice que cela représente est particulièrement à valoriser.

Pour la séance : glossaire suggéré

Mots susceptibles de nécessiter une petite explication :

MotSens
hauberttunique de mailles de métal protégeant le corps du chevalier
heaumecasque du chevalier
reluirebriller, étinceler
adouberfaire chevalier lors d’une cérémonie
à contrecœurà regret, sans en avoir envie
gésir (« gît »)être couché, étendu sans bouger
pont-levispont mobile qui se relève pour fermer l’entrée d’un château